Au Japon, une vieille maxime classe les céramiques préférées des maîtres de thé : « Ichi Raku, ni Hagi, san Karatsu », d'abord le Raku, puis le Hagi, enfin le Karatsu. Elle résume l'esthétique de la cérémonie du thé, qui préfère la simplicité et l'irrégularité à la perfection.
Les origines du Raku
Le Raku naît à Kyoto au XVIe siècle. Le potier Chōjirō façonne alors des bols à thé pour Sen no Rikyū, le maître de thé qui codifie la cérémonie du thé (chanoyu). Montés à la main plutôt qu'au tour, sobres et sans décor, ces bols rompent avec les pièces importées de Chine, alors très recherchées.
Le nom Raku vient d'un sceau portant le caractère 楽, « plaisir », associé à cette famille de potiers. Leurs descendants perpétuent aujourd'hui encore cette lignée à Kyoto.
Une cuisson particulière
Les pièces Raku sont cuites à une température relativement basse, puis sorties du four encore incandescentes et refroidies à l'air libre. Ce choc thermique donne à l'émail son aspect si particulier. La technique dite « raku » pratiquée en Occident, où les pièces sont enfumées dans de la sciure avant d'être refroidies, est une variante plus récente, développée aux États-Unis au XXe siècle.
Le Hagi et le Karatsu
Le Hagi, de la préfecture de Yamaguchi, est connu pour ses émaux doux et laiteux, qui changent légèrement de teinte avec l'usage : on parle des « sept transformations » du Hagi. Le Karatsu, de la préfecture de Saga, se distingue par ses formes simples et ses décors peints d'un trait.
Ces trois céramiques partagent la même idée : un bol à thé n'a pas besoin d'être parfait pour être beau. Ses irrégularités, sa texture et le poids qu'il a dans la main font partie du plaisir.
L'esprit du Raku à la maison
Sans être des pièces Raku, certains de nos bols s'inspirent de cette esthétique, avec des émaux mouchetés rouge et noir ou gris texturé : retrouvez-les parmi nos bols à riz et donburi. Pour le matcha, découvrez nos bols à matcha de Tokoname et de la région de Mino, et nos tasses à thé, dont certaines s'inspirent du style Hagi.



